diagnostic du lit des cours d'eau

Diagnostics

Le Syndicat de l’Isac a engagé dès sa création une série de diagnostics qui ont permis d’avoir une meilleure connaissance du territoire. Cela a été une étape indispensable pour mieux connaître les problématiques du territoire : inondations, qualité de l'eau, état des cours d'eau.

Des cours d’eau recalibrés

Le lit mineur des cours d’eau est souvent en mauvais état en raison de nombreux travaux de recalibrage (surcreusement, déplacements…). Ces opérations vont avoir comme incidences :

  • d’accentuer les phénomènes hydrauliques (crues et assecs plus fréquents) ;
  • de dégrader les habitats aquatiques, ne permettant pas d’atteindre les objectifs de bon état écologique ;
  • de dégrader la qualité de l’eau en limitant les phénomènes d’auto-épuration des cours d’eau avec trop de matière organique et peu d’oxygène.

Ces dégradations sont généralisées sur tout le territoire. Elles sont d’autant plus importantes sur les zones de source avec des petits ruisseaux qui ont été fortement recalibrés : à ce niveau le lit d’un cours d’eau devrait faire environ 0,40 m de profondeur sur 1,20 m de largeur alors qu’ils font souvent plus d’1 m de profondeur sur 1,50 de largeur.

source du Courgeon : 4 m de large, 1,80 m de profondeur

 

Des marais envahis par la jussie

Près de 1 000 ha de marais se trouvent sur la partie aval du bassin. Ils font partie de l’ensemble des marais de Redon et de Vilaine classés en Natura 2000 et présentent un potentiel intéressant. Les douves sont généralement envasées et il existe aussi une problématique importante de développement de la jussie. Cette plante exotique invasive est présente dans les douves et s’est implantée fortement sur les prairies.

prairie entièrement couverte de jussie à Guenrouet

 

Des comportements hydrauliques prononcés

Le bassin de l’Isac est sensible aux inondations avec plus d’une centaine de bâtiments touchés  y compris sur des crues moyennes. Ce risque est souvent diffus avec plusieurs zones sensibles comme les bourgs de Saffré ou Blain, mais aussi plusieurs villages. Ces inondations surviennent aussi bien sur les crues d’hiver (2001,1995), les orages d’été (2008) que sur des phénomènes brutaux comme ceux de Noël 2013 avec plus de 80 mm de précipitations en 2 jours.

inondation du Plongeon à Blain

Malgré tout, les cours d’eau du bassin de l’Isac sont aussi victimes d’étiages (basses eaux) sévères. En année normale une grande majorité des ruisseaux sont en rupture d’écoulement voir en assec de juillet à septembre. Ces grandes variations hydrauliques sont caractéristiques de ces terres sur socle imperméable. Mais cette amplification est liée aux nombreux travaux d’hydrauliques passés qui ont eu pour but d’évacuer le plus vite possible les eaux des terrains.

cours de l'amont l'Isac à Abbaretz à sec

 

Qualité de l’eau : de bons et mauvais résultats

fossé désherbé chimiquement

le désherbage des fossés : une pratique très polluante et interdite, mais que l’on rencontre encore sur le terrain

  • La qualité de l’eau est plutôt bonne sur les nitrates puisqu’il y a eu préservation d’un système d’élevage avec des prairies, du bocage et le maintien de zones humides.L’assainissement, communal ou industriel, n’entraîne pas beaucoup de dégradations. Quelques dysfonctionnements sont en cours de résorption.
  • Les pesticides représentent par contre une pollution importante, comme partout ailleurs en France. Les dépassements des seuils sont fréquents et ce quel que soit le type d’usage (agricole, collectivités, particuliers…).
  • La matière organique (matières carbonées) représente la dégradation la plus importante. Son origine est mal connue et souvent diversifiée : naturelle (bois, zones humides), artificielle (rejets). Elle peut être aussi issue du dysfonctionnement des cours d’eau suite à leur recalibrage (avec le retrait du lit de gravier et du bois mort qui participent à son épuration).