cours d'eau en bon état

La Morphologie des cours d’eau

Avec la notion de bon état écologique, la Directive Cadre sur l’Eau met en œuvre un nouvel objectif de qualité qui ne concerne plus uniquement l’eau, mais aussi le milieu qui l’entoure : l’état physique du cours d’eau. Ainsi, la morphologie des cours d’eau devient aussi un paramètre à prendre en compte.

Des cours d’eau fortement dégradés

Les diagnostics du territoire ont mis en évidence que 75 % du lit des cours d’eau étaient en mauvais état en raison de curages, recalibrages, busages ou déplacements. Cela va impacter fortement les fonctionnalités du cours d’eau avec une amplification des crues et des étiages, un appauvrissement du milieu aquatiques et une dégradation de la qualité de l’eau.

La grande majorité des cours et plus particulièrement les petits ruisseaux en amont présente un lit surcreusé (empiriquement, la hauteur ne doit pas représenter plus de 1/3 de la largeur, ou un ruisseau ne doit pas avoir plus de 50 cm de profondeur), rectiligne et homogène. La modification de la forme du lit, c’est à dire la morphologie du cours d’eau, a pour conséquence des temps de réaction courts lors des crues, des cours d’eau qui s’assèchent en été, une population piscicole en mauvais état (peu de diversité, avec des espèces non caractéristiques ou tolérantes) et une qualité de l’eau dégradée.

En raison de ces nombreuses perturbations, la dégradation de la morphologie des cours d’eau est la cause principale de non atteinte des objectifs réglementaires de bon état écologique.

 

Comment restaurer ce fonctionnement ?

Le Syndicat de l’Isac engage des travaux de restauration du lit des cours d’eau pour redonner une morphologie adéquate et ses fonctionnalités aux cours d’eau :

morphologie - recharge en plein

recharge granulométrique en plein

 

  • Recharges granulométriques du lit, en plein ou en dômes : dépôt d’une certaine hauteur de graviers (30-50 cm) pour reformer une profondeur un peu plus naturelle et redonner aux cours d’eau des capacités de débordement dans les zones peu vulnérables. La technique en dôme (recharges ponctuelles) est employée pour ne pas perturber le fonctionnement du réseau de drainage.
morphologie - recharge en dômes

recharge granulométrique en dômes

 

  • Débusage : retrait des linéaires busés et reformation du lit. En cas de maintien du busage, il faut rétablir la continuité écologique : du gravier est disposé en plusieurs « cuvettes » successives afin de permettre aux poissons de monter jusqu’à la buse et de la trouver en eau.
rampe d'enrochement pour franchissement de passage busé

rampe d’enrochement pour franchissement de passage busé

 

  • Replacement du lit en fond de vallée : reconstitution du lit et de ses méandres à son emplacement naturel dans le point bas du talweg.

 

  • Diversification du lit : installation de blocs et de déflecteurs dans le lit afin de diversifier les écoulements et les habitats. Le lit peu aussi être resserré par des banquettes végétales ou minérales afin de le refaire sinuer, augmenter sa vitesse et sa ligne d’eau.
reméandrage par banquettes de saule

diversification par risbermes végétales

Tous ces travaux sont réalisés en concertation avec les communes et exploitants et ne s’engagent qu’avec l’accord des personnes concernées. Ils nécessitent aussi une autorisation préfectorale qui a été obtenue le 18 août 2015 après une enquête publique en avril 2015.